De purs désastres, édition aggravée François Salvaing

Publication 22 mars 2010
18,00 EUR (17,06 EUR HT)

De purs désastres, édition aggravée, François Salvaing, illustrations de Boll, roman, hors collection, 14x20 cm, 272 p., 2010, ISBN : 978-2-913388-72-7

Présentation

Voici des soldats, franchissant inlassablement les frontières. Celle aussi d’entre le réel et le fantastique. En quelques lignes ou en quelques pages, soixante-quatre histoires qui peuvent se lire comme une seule. Fantaisies, fantasias au grand galop d’une écriture à la fois limpide et énigmatique, assassine et joyeuse.

Des soldats hétéroclites, innombrables. Armés de frondes, de fusées. Conquérant, traversant des continents, des siècles, s’enlisant inlassablement. Se raccrochant à fantasmes et femmes. Dont, récurrente, à peinte rejointe que perdue, Deborah. On croit reconnaître l’époque, la bataille, le général... Et puis, d’une touche, le paysage qui paraissait familier (hiérarchies, casernes, bivouacs, bordels) se décale et ouvre sur de féroces vertiges ou sur des folies douces.

Il y a vingt ans paraissait un livre qui montrait une nouvelle facette du talent de François Salvaing, dont Misayre ! Misayre ! venait d’obtenir le prix du Livre Inter. L’auteur, qui n’est pas homme à exploiter longtemps une formule qui marche, prenait des risques avec ces textes brefs, sans références à un réel défini, fragments acides et ciselés d’un monde onirique et atrocement réel.

Aujourd’hui, au lieu d’invoquer la prescription, Salvaing récidive et donne, aux excellentes Éditions Cadex, une version augmentée. «  Aggravée  », précise le titre. Il est vrai que, depuis vingt ans, le monde ne va pas mieux. Le texte en prend acte, qui s’amplifie, à la mesure de l’élargissement du théâtre des opérations. C’est bien de guerre qu’il s’agit. Une colonne de soldats de tous les temps et de toutes les armes parcourt la planète. On s’imagine reconnaître, à des détails, des noms, l’Irak, le Kosovo ou le Vietnam. Peu importe : il suffit que cette guerre soit concrète, incarnée, terriblement détaillée, et suffisamment décollée d’un conflit précis pour acquérir valeur universelle sans se désincarner. Ce pari tient par la grâce d’une prose miraculeuse, sans apprêt, d’une justesse terrifiante, qui nous restitue le chant profond de l’éternelle soldatesque.
- Alain Nicolas, « Un désastre parfaitement accompli », L’Humanité, 22 juillet 2010.

Extrait

L’impératrice était fillette encore et sujette à pavor nocturnus. Plus que tout nous redoutions ces nuits où, accouru le Régent, il fallait à quatre pattes feindre de traquer dans la chambre l’iguane du cauchemar puis, bredouilles et relevés, nous défaire de nos uniformes, ôter nos sous-vêtements et attendre que Sa Majesté reconnût et désignât au coutelas du bourreau, avant de se rendormir, l’un des lézards que nos nudités livraient à son enfantillage.

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« Ce que nous entendions par ’peinture’ il y a peu de temps encore n’occupe plus aujourd’hui qu’une place infime dans le territoire de tout ce qui revendique ce nom. »
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