L’Alimentation générale de Tombouctou
Bernard Pruvost

publication 1996
13,00 € (12,32 € HT)

L'Alimentation générale de Tombouctou, Bernard Pruvost, récits, 10 peintures de l'auteur, coll. David, 15x21,5 cm, 88 p., 1996, ISBN : 2.905910.75.5

Présentation

Il est un seul voyage conduisant n’importe où, menant au bout de la terre, c’est le voyage dans la langue, voyage dansé au bord de l’abîme car l’abîme est sommet. Bernard Pruvost est de ces voyageurs-là, esquissant son parcours à travers l’écriture dont l’un des supports terrestres serait l’ouest africain, la musique mandingue qui bat dans le sang et le cœur, quelques rencontres provisoires, toutes ordinaires et magiques pour peu que le regard leur ôte leur pesanteur. Cette Alimentation générale, construite avec les étoffes du hasard nous dispense, bien sûr, les lumières de ses pauvres enseignes peintes aux couleurs de la hâte mais aussi avec les saveurs de notre langue maternelle que martellent d’autres langues vernaculaires dont le chant perdure jusque dans nos balbutiements, nos apprentissages de poussières et de vents.(...)
- Joël Vernet

Extrait

Au bout d’un moment, le dignitaire -peut-être a-t-il immodérément fait honneur au repas préparé par l’une de ses épouses- sent que le sommeil le gagne et il ne lutte pas trop contre la séduisante hypothèse de pousser un petit roupillon à l’issue duquel il est probable que l’ennuyeuse question du budget aura fait place à un autre sujet sans conteste plus intéressant. Mais voici que notre sénescent député se réveille brutablement et que le budget est toujours omniprésent, le budget vedette de la journée, ce budget au cœur des débats, ce budget qui crée tant de problèmes, ce budget pour tout dire calamiteux. C’en est trop. Notre lascar soudain fou de colère bondissant de sa chaise, tape du poing sur la table avant de tonner : « Mais enfin ce Monsieur Bidjé puisqu’il nous emmerde tous, qu’on le jette dehors ! »

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« J’étais nu près de Deborah nue, nos moiteurs s’évitaient à présent, nous souriions vaguement et parallèlement à un ventilateur harassé qui grinçait au plafond. Il y avait une douceur extrême à ne plus se sentir beaux ni désirés. Nous n’avons pas dormi, je pense. Quoique le dos collé au drap, nous avons flotté sous d’invisibles palmes. »
François Salvaing
De purs désastres, édition aggravée

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