Actualité Le prix Loin du marketing attribué à Louis Dubost

, par Hélène Boinard


Le treizième prix Loin du marketing a été attribué le 15 août 2021 à Louis Dubost pour l’ensemble de son œuvre.

S’il en est un qui mérite un prix Loin du marketing c’est bien Louis Dubost. Editer pendant 35 ans, sous l’enseigne du Dé bleu puis de L’idée bleue, de la poésie et rien que de la poésie, et faire ainsi connaître bon nombre des plus belles plumes de la poésie contemporaine, dans une tranquille insouciance des sunlights médiatiques, c’était déjà admirable. Prendre soi même la plume pour régaler quelques curieux fouineurs en librairie d’une poésie joliment charpentée et d’une prose aussi solide qu’amusée, ça a été « le pompon ».

La pipe en gouvernail et le rire toujours prêt à jaillir de la poche, Louis Dubost a, toute sa vie et sous ses deux bonnets, jonglé avec les mots qui permettent « d’enjamber le monde en improvisant un jazz de cerises noires ». Indifférent aux oukases du marché autant qu’aux recettes du showbiz littéraire, il a tracé son sillon comme en son jardin potager soigneusement bichonné, au même rythme paisible et tenace que ces escargots qu’il aime tant parce qu’ils savent « mourir debout » (comme le notait le très sage Francis Blanche). Soutier costaud du rafiot poétique, il a permis à celui-ci de tenir le flot face aux déferlantes provoquées par les porte containers éditoriaux. Puis il a porté « de longs couteaux de tendresse » dans des livres aussi subtils que modestes, répondant ainsi à la question qu’en vieux philosophe il ne pouvait éviter de poser : « De quel bois chauffe t’on les rêves ? ». Il a donc largement confirmé le constat admiratif du poète Jean Claude Touzeil : « Le Louidubo gagne à être connu ».*

Gérard Lambert-Ullmann

*Dans le livre rassemblant vingt poètes, publié en 2010 pour saluer ses 35 ans d’édition : Un éditeur… voilà ! Cadex éditions, collection Le farfadet bleu.

P.-S.

Parmi les précédents prix Loin du marketing : Lionel Bourg (en 2009) Pierre Autin-Grenier (2010) Jacques Josse (2014) et Valérie Rouzeau (2015).

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« Maintenant, voici venu pour moi le temps de me décider à faire retour en arrière, de tenter de trousser congrûment quelque chose à ma guise, une sorte d’écriture pure de tout sens civique. Le besoin est sans doute inscrit dans les gènes : pressentiment reptilien que tout disparaîtra d’un coup.
Dany, Piteur, Olivier, il n’y a plus au monde une seule trace d’eux. Tout ce qui reste est en moi. »
Sylvain Fourcassié
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