Le Perron Dominique Fabre

Publication 31 août 2006
9,50 EUR (9,00 EUR HT)

Le Perron, Dominique Fabre, préface d'Éric Faye, illustration couverture et vignette intérieure de Christine Voigt, nouvelle, collection « Texte au carré », 14x14 cm, 48 p., 2006, ISBN : 2.913388.58.2

Présentation

Un perron, pour un enfant de trois ans qui se retrouve en nourrice, c’est le lieu de l’attente et de la solitude, et pour l’enfant qui grandit, le lieu des rencontres, de l’apprentissage et de la difficulté d’être, le lieu où l’on rêve de retrouver les marches du foyer familial.
Avec cette langue si particulière, affranchie, simple et lucide, très proche de l’oralité, Dominique Fabre nous replonge un peu plus profondément dans l’univers de Ma vie d’Edgar (le roman, très apprécié des lecteurs, est paru au Serpent à plumes en 1998 et en 2002).
Dans cette nouvelle, le petit garçon des années 60 décrit avec tendresse et drôlerie l’arrivée en famille d’accueil, la campagne d’Annecy, le tuteur, la nourrice, les cantonniers et les autres « mômes », ces « perdants magnifiques » qui usent avec lui leurs fonds de culotte sur le perron.
Conjuguée au présent éternel de l’enfance, la prose poétique de Dominique Fabre entraîne doucement le lecteur vers ces marches, où, bien naturellement, on se surprend à rêver.

Le Perron existe également en livre numérique (ebook, versions epub ou kindle), chez e-fractions diffusion (cliquez ici).

« C’est comme un cadeau, quand on a lu Ma vie d’Edgar, puis Fantômes, et qu’on n’osait en redemander, encore un peu, de ce petit Edgar devenu grand, qui « plonge souvent tout au fond du côté de son passé et retourne marcher sur les fondations de la grande maison, celle d’en face ». (...) « De livre en livre, il poursuit le même livre », dit de l’écrivain Éric Faye dans une préface émouvante. Et si Le Perron est encore plus bouleversant que les autres, c’est peut-être parce que « cette nouvelle, écrite à l’automne 2005, condense d’une façon vertigineuse tous ses livres, comme si l’ensemble des phrases qu’il avait écrites depuis 1995 avaient, comprimées, acquis la dureté et la densité du diamant, par un fulgurant retour aux sources, au Rosebud qui détermine et oriente toute une vie. » Une vie, la vie qui file entre les doigts comme un papillon... »
- Florence Lorrain, librairie Atout livre

"Voici un récit venu des origines. Dans une langue où se bousculent les raccourcis de l’enfance, il s’agit de résumer ces petits détails sur lesquels se bâtit toute une vie. « J’avais faim de rentrer chez mon enfance à moi. » Ce sont les mots de celui qui est arrivé à trois ans dans une famille d’accueil et qui n’arrivait pas à grimper les quelques marches du perron. Même si D. Fabre ne délivre pas de message, même si les marches ne sont pas le symbole des différentes étapes de la vie, c’est bien sur ce perron qu’à l’adolescence on usera ses fonds de culotte avec les copains et qu’à l’âge adulte on retrouvera les amis et la nourrice d’accueil ! Chacun a en soi un perron ou un belvédère d’où l’on peut regarder le monde et la vie, celle des autres et la sienne. Voici donc une belle histoire et aussi un bel objet pour les yeux et les mains : ce premier volume de la collection « Texte au carré » augure bien de la suite... On attend avec impatience les textes de P. Autin-Grenier, d’Éric Faye...
- Joël Glaziou, revue Harfang, N° 29, nov. 2006

Extrait

Il vaudrait mieux mourir avant d’aimer et d’être aimé, je me dis ça quelquefois. Ce ne serait pas forcément plus facile, mais peut-être un peu, je ne sais pas ? Comme tout un chacun j’ai voulu disparaître de la surface des choses à plusieurs reprises, une petite dizaine de fois, un peu moins ces dernières années. Une fois que j’y avais pensé sérieusement, au dernier moment de l’heure H, je me suis souvenu des marches du perron. J’étais en bout de quai, ligne huit, et en même temps assis là-bas, avec les autres mômes. Est-ce moi qu’ils regardaient ? Alors j’ai arrêté de loucher sur la rame et c’est comme si je me voyais en face finalement, en attendant toujours l’heure d’avoir le droit de rentrer dans la cuisine, où ce sont les bonnes choses de la vie, manger, faire ses devoirs, se chauffer les pieds au radiateur où c’est interdit de le faire, en vrai. Je me suis arrêté. J’avais faim de rentrer chez mon enfance à moi, comme si depuis toujours, avant cette rame et celle d’avant j’avais été aussi vieillard.

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« C’est une émeute, avait dit l’un des hommes. Un soulèvement populaire, avait ajouté l’autre. Les carabiniers du village avaient fini par se décider à venir voir ce qui se passait. Ils avaient aidé les deux hommes à remonter dans leur autocar qui s’était enfui. À Santa Maria di Momentana, les maçons avaient achevé de monter le mur de briques. La Madonna était cloîtrée, hiératique. En bas, trois femmes caressaient l’enfant sous la robe qui frémissait. Le printemps était là en cette année 1944. »
Michaël Glück
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