Le Bel aujourd’hui
Collectif

publication 1997
21,00  (19,91  HT)

Le Bel aujourd'hui, collectif, fables, avant-propos de Michel Lamart, illustrations de Jacques Abeille, Marie Alloy, Patricia Camus, Colette Deblé, Henri Cuéco, Béatrice Gordon, Denise Le Dantec, coll. David, 15x21.5 cm, 184 p., 1997, ISBN : 2.905610.81.X

Présentation

A mi-chemin entre tradition et modernité est la fable, lieu où la parole investit la fonction injonctive du langage : un dire pour une fable. Une invitation.
Qu’en est-il de cette morale dont elle joue - ou se joue ? Quelles valeurs revendique-t-elle par rapport à la littérature ? Qu’est-ce qui informe cette modernité où l’éternel perce en permanence sous le transitoire ?
La fable est un des genres littéraires les plus anciens. Faisant feu de tout bois, elle use de l’apologue comme du poème en prose et ne néglige en rien l’espace romanesque. Elle participe autant de la poésie que du genre narratif.
Art de la conversation s’il en fut, elle laisse la parole aux textes : les auteurs d’aujourd’hui s’y entretiennent. Ils nous parlent sans détour. De nous, de nos vies minuscules.
Tête et corps, la fable a bien à voir avec l’être. Sujet parlant : fable.
Le Bel aujourd’hui emprunte à Mallarmé juste ce qu’il faut de virginité pour bâtir un livre vivace.
Quelqu’un parle. Ecoutons.
Au siècle où l’informatique se veut triomphante, sachons rendre la parole au livre. Il n’a pas dit son dernier mot. Il parle parce qu’il est vivant.

 Michel Lamart

Textes de Vahé Godel, Claude Louis-Combet, Pierre Autin-Grenier, Lionel Bourg, Werner Lambersy, Jacques Abeille, Marcel Moreau, Charles Dobzynski, Donald Alarie, Dimitri T. Analis, Marie-Claire Bancquart, Jean-Claude Bologne, Michel Butor, Jean-Pierre Cannet, Hervé Carn, Georges-Olivier Châteaureynaud, Andrée Chédid, Marcel Cohen, Henri Cueco, Gilbert Desmée, Véra Feyder, Georges-Louis Godeau, Eugène Guillevic, Hubert Haddad, Michel Lamart, Jean-Marie Le Sidaner, Cécile Miguel, Jean Miniac, Michel Mourot, Patrick Mouze, Bernard Noël, Jude Stéfan, Daniel Walther & Wilfrid Winieski.

Extrait

D’autres fois il disait : « Prenez garde de n’offenser les ombres, car une nuit remplie de chiens sans cesse braconne dans les faubourgs ! » Ensuite il s’en allait, sans se retourner, loin sous l’œil éteint de la lune édifier pour lui seul des déserts de solitude. Alors les verres vidés, la nappe secouée sur le seuil, dans l’odeur du pain moisi et du brûlé des bûches, devant l’âtre nous attendions son retour comme désemparés et soudain muets. Ignorant tout de la nuit, hors que s’y tramaient crimes et trahisons, qu’aurions-nous fait sans lui et de quel ciel vide nous serait venue raison d’espérer ?
 Pierre Autin-Grenier, in « Présence des ombres ».

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« J’étais nu près de Deborah nue, nos moiteurs s’évitaient à présent, nous souriions vaguement et parallèlement à un ventilateur harassé qui grinçait au plafond. Il y avait une douceur extrême à ne plus se sentir beaux ni désirés. Nous n’avons pas dormi, je pense. Quoique le dos collé au drap, nous avons flotté sous d’invisibles palmes. »
François Salvaing
De purs désastres, édition aggravée

La Collection

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